Dans une étude publiée
aujourd’hui dans la version en ligne de l'American
Journal of Human Genetics, l’équipe du Dr Bernard
Brais, neurogénéticien au Centre de recherche du
Centre hospitalier de l'Université de Montréal
(CRCHUM) et professeur agrégé, Université de
Montréal, décrit l’identification du
gène responsable d'une nouvelle forme de dystrophie
musculaire de l’adulte.
L’équipe, avec l’aide de collaborateurs
européens, a identifié des mutations dans le
gène Anoctamine 5 (ANO5). Leurs résultats
suggèrent que les mutations causent un problème de
réparation de la membrane des fibres musculaires.
L’enveloppe des fibres musculaires vivent des stress
répétés causés par les contractions.
Les mutations du gène mèneraient à une
dystrophie musculaire causée par la mort progressive des
fibres musculaires suite à des déchirures. «Une
meilleure compréhension du rôle de la protéine
ANO5, absente chez ces malades, pourrait mener à des
découvertes ayant un impact sur le traitement de plusieurs
dystrophies musculaires où la réparation de la
membrane des fibres musculaires est défectueuse »,
souligne le Dr Brais.
Les chercheurs ont identifié les premières
mutations récessives dans le gène ANO5. Les
malades sont donc porteurs de deux mutations, l'une venant de
chacun de leurs parents. Les cas québécois
développent surtout une dystrophie des muscles des ceintures
de type LGMD2L dans la trentaine. Cependant, en Europe,
d’autres mutations entraînent une dystrophie musculaire
avec atteinte des muscles distaux des membres de type MMD3
(non-dysferlin Miyoshi Myopathy). Une mutation plus commune semble
être présente dans la population
canadienne-française.
Cette découverte est particulièrement
significative au Québec, car il s’agit de la
première étude où la même équipe
décrit cliniquement une nouvelle forme de dystrophie
musculaire, identifie la localisation du gène responsable et
en découvre les mutations pathogéniques.
La dystrophie musculaire
On donne le nom de «dystrophie musculaire»
à un ensemble de maladies neuromusculaires
caractérisées par une faiblesse et une atrophie
progressives des muscles volontaires qui contrôlent les
mouvements du corps. À mesure qu'il s'affaiblit et
s'atrophie, le tissu musculaire est remplacé par du tissu
adipeux et conjonctif.*
L'étude fut subventionnée par le Muscular
Dystrophy Association, organisme américain fondé il y
a plus de 50 ans par le comédien Jerry Lewis, la Muscular
Dystrophy Campaign (Grande-Bretagne) et la Jain Foundation.
* Dystrophie Musculaire Canada